Le best of du salon du numérique Educatec Educatice de Paris

Des retrouvailles attendues

Depuis le rendez-vous raté de l’année dernière avec le début de la crise sanitaire, ce salon était attendu de tous les amateurs de nouveautés numériques.

Au parc des expositions de la porte de Versailles, la foule s’étire sur les tapis roulants qui l’emmènent doucement vers la salle du congrès.

Un contrôle de sacs, du pass sanitaire plus tard, nous voilà dans un espace où tous les profils se rencontrent : les curieux, les badauds, les enseignants du premier et second degré et les représentants des collectivités entre autres.

L’atmosphère est joyeuse, égayée des retrouvailles et les stands, nombreux, bruissent de conversations. Pour certains, c’est l’occasion de découvrir des nouveautés, de discuter en espérant ramener des « goodies ». Cette année, les flasques sont à la mode. Les croissants et les gâteaux sont autant d’invitations à engager la conversation en sirotant un café.

Le séminaire

Ce salon est aussi l’opportunité de participer au séminaire des référents ressources organisé par le ministère. Venant de France métropolitaine et d’Outre-Mer, les professeurs apprécient ce moment de retrouvailles et de partages.

Une rencontre avec des start-up est organisée en milieu d’après-midi en mode speed-dating. Les participants tournent et rencontrent les porteurs de projet. Ils sont tous soutenus par l’Education Nationale, dans le cadre de EduUp par exemple qui promeut des initiatives innovantes destinées à un large public d’élèves.

Trois d’entre eux nous ont semblé très intéressants et nous allons voir quelques-unes de leurs propositions pour répondre aux besoins des élèves.

Quoi de neuf dans les applications numériques ?

Voyons le coin des écrivains en herbe et commençons par Plume qui offre de redonner ” le pouvoir d’écrire aux enfants.” Pensée pour les enfants de 7 ans à 13 ans, elle a été créée par des enseignants. On peut faire un test de cette application gratuitement en ligne. Ce compte donne accès à 12 histoires pour l’enseignant et pour l’élève, la découverte de deux albums. La création d’un groupe classe sera aussi possible ainsi que l’accès à l’espace de correction.

Des kits pédagogiques tout prêts sont disponibles par exemple sur la pollution de l’air. L’écriture se lance sous forme de défis. La lecture est associée à l’écriture grâce aux illustrations qui aident à la compréhension. Les enseignants peuvent moduler la difficulté des exercices selon le niveau des élèves. L’écriture peut être individuelle ou collective.

Par la suite, l’enseignant pourra s’il le choisit faire des corrections personnalisées, attribuer des badges pour valider les progrès. Le chef d’œuvre de l’élève pourra être mise en valeur sous la forme d’un livre.

L’interface de l’application est plaisante et adaptée aux jeunes lecteurs. Une application à tester pour varier les exercices d’écriture et immerger les élèves dans la lecture d’albums écrits par des écrivains jeunesse.

Lire sans écran

Dans le même esprit, nous avons découvert avec beaucoup de curiosité Bookinou, une conteuse de livres. Une autre approche grâce à un objet connecté sans écran destinée aussi aux plus jeunes lecteurs.

Les objectifs de Bookinou sont multiples : faire goûter les élèves au plaisir de la lecture que ce soit en atelier autonome ou non, et aussi les guider vers la lecture en les entraînant à lire des poésies et des textes à voix haute. Ils gagnent en confiance et peuvent se sentir fiers de leurs réalisations.

La capacité d’enregistrement est de cent heures, de quoi lancer toute la classe dans ce projet.

Le plus de cet objet peu ordinaire est qu’il reconnaît les gommettes des livres et démarre la lecture de l’histoire automatiquement pour l’élève.

Bookinou propose aux enseignants des prêts d’appareils pour découvrir ces pratiques. Le prix grand public est de 70 euros et de 60 à 65 euros pour les écoles en fonction de leur taille.

Une chouette initiative qui tient les élèves loin des écrans en leur faisant redécouvrir le plaisir de la lecture en écoutant la voix familière de leur enseignant, de leurs copains ou celles enregistrées dans la bibliothèque.

Cela nous a rappelé les mange-disques et les albums colorés que l’on écoutait dans nos chambres, tournant la page au tintement de la clochette.

Un cahier numérique pour les “dys”

Un autre coup de cœur pour Cantoo Scribe, une start-up lilloise basée à Euratechnologie à Lomme qui propose un logiciel pour aider tous les élèves à gérer leurs cours dans toutes les matières. Pour répondre à tous les besoins des élèves, les aides à la lecture sont disponibles pour ceux qui souffrent de dysorthographie ou des troubles de l’attention par exemple. L’interface est très riche et permet d’utiliser de nombreux outils très visuels en géométrie par exemple ainsi que des aides vocales.

L’éditeur pdf est très puissant et tout se fait dans l’interface du logiciel sans avoir besoin de télécharger quelqu’autre outil. Une démonstration très convaincante pour faciliter le travail de la classe et des travaux que l’on retrouve d’une année sur l’autre. Une partie du travail peut aussi s’effectuer hors ligne et sans connexion, ce qui est parfois le cas dans certains établissements.

Et pour les élèves mal voyants ?

Coup de chapeau à https://dv-fabrique.fr/#eleve  qui propose aux déficients visuels d’avoir accès à tout type de document visuel comme les cartes et les schémas. Le produit propose une interface de création ou de modification de documents. De l’aide à la lecture aussi, et on peut écouter des exercices mathématiques.

Pour avoir une idée des potentialités de cet outil, vous pouvez cliquer sur ce lien qui représente une carte de France. Les enseignants peuvent la modifier comme ils le souhaitent. Un exercice de simplification de fractions avec un tutoriel intégré. Il y aussi un exemple de frise chronologique en Histoire.

Il existe très peu de ressources en ligne pour accompagner et aider les élèves en situation de handicap et en particulier les mal-voyants. Le site propose aussi des impressions en Braille.

Foxar

Enfin, un dernier arrêt au hasard des stands nous a permis de découvrir la réalité augmentée adaptée aux Sciences et à l’Histoire-Géographie. Il s’agit de maquettes prêtes à l’emploi qui nous font découvrir le monde autrement et d’ouvrir les possibles. Leur idée est de visualiser pour mieux comprendre. Le projet est entièrement co-construit avec l’Éducation Nationale : de nombreux enseignants de primaire, collège et lycée au sein de plusieurs académies, DANE, INSPÉ, ateliers CANOPE interviennent dans le projet.

La réalité augmentée est dans notre vie quotidienne, comme lorsque la voiture recule et que la caméra fait apparaître des guides colorés pour aider au stationnement. C’était une technologie qui avait le vent en poupe il y a quelques années. Des applications ont poussé comme des champignons mais ont parfois aussi vite disparu. L’avantage de cette initiative est qu’elle soit française et qu’elle soit encore en développement ce qui laisse la place à des suggestions ou des pistes pédagogiques notamment en langues.

Ce n’est qu’un au-revoir…

Nous quittons le salon et laissons derrière nous le bourdonnement des conversations, la tête remplie d’images, en espérant que le mois de novembre revienne vite. Bien que souvent sombre, il s’illumine pendant trois jours de la fête du numérique qui parvient à se renouveler et à nous étonner, avec ou sans écran.

 

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